ACTE TROISIÈME, SECONDE PARTIE
l'envie.
Qu'as- tu donc?
LE CONDAMNÉ
Tuez-nous, mais ne nous raillez pas!
l'envie.
Où vois-tu, mon ami, que je te raille?
le condamné, arrachant sa couronne.
A bas Ces fleurs! J'ai mérité qu'on me coupe la tête, Mais c'est une action que je n'aurais pas faite De me moquer de ceux que frappe le bourreau, Et vous me le paîriez si j'avais un couteau !
Sur un geste de l'Envie, on a apporté une table servie devant le cabaret.
l'envie.
Elle prend un couteau sur la table et le présente au condamné.
Un couteau? tiens!
LE CONDAMNÉ, saisissant le couteau.
Bon!
l'envie, sombre.
Frappe.
LE CONDAMNÉ
Et pourquoi pas?
Il lève le couteau.
LE MOT, paraissant et lui arrêtant le bras.
A table!
Crois-la. C'est tout de bon. Ta grâce est véritable. Tu vas vivre. La loi change aujourd'hui de ton. Mange-moi hardiment ce hachis de mouton.
LE CONDAMNÉ
Nonl
Sil Tu me croiras!
LE CONDAMNÉ, hésitant.
Vous avez bien envie De me voir espérer et reprendre à la vie ; L'échafaud en serait plus drôle.
Mange.
l'envie.
Bols!
le CONDAMNÉ.
Oui, c'est une façon de me tuer deux fois.
LE MÛT.
Croîs-nous î
le condamné, cédant.
Soit. Mais si c'est un jeu, vous êtes pires Que les assassins.
U s'assied et mange.
l'envie, lui versant à boire.
Bois. — Tout ce que tu désires, Fonctions, dignités, argent, tout est à toi.
Si tu veux du travail, je t'en trouverai.
LE CONDAMNÉ
Quoi!
On voudrait m'employer? Sache que tout se ferme