LE COMTE, LE DUC JEAN
LE DUC JEAN
Milord, j'ai plus qu'aucun encouragé l'offense
Qu'Edouard vous a faite en face de la France.
Vous ne l'ignorez pas et vous me haïssez.
Je sais tout ce qui nous sépare. Mais je sais
En même temps que l'heure où nous sommes est sombre;
5i FOUMOSA.
Que ce pays, battu de tempêtes sans nombre, Réclame de nous tous un effort plus qu'humain; Que dans cette tourmente incessante où demain Peut périr l'Angleterre, on ne doit plus voir qu'elle; Que l'immolation de soi-même est cruelle, Mais que c'est le devoir de tous, en un tel jour, De s'arracher du cœur la haine ou bien l'amour 1
LE COMTE, ài.art.
L'amour?
LE DUC JEAN
Pour préserver ce pays qu'on mutile, Vous êtes nécessaire et je peux être utile : Me voici! Jetons-nous dans les chocs hasardeux! Il s'agit de sauver l'Angleterre à nous deux ! Comte, nous le pouvons, j'en ai la confiance. Mais en nous alliant d'une vraie alliance Que rien ne puisse rompre, avenir ni passé. Si vous êtes d'avis que tout soit eflacé, Et qu'il sied qu'à présent, sans finesse normande. Sans retour, nous soyons amis, — je vous demande La main de votre nièce Helen.
LE COMTE
Vous me... MilorJ...
La main de ma nièce ?
LE DUC JEAN
Oui.
Après un silence.
LE COMTE
Duc, nous sommes d'accord