SCÈNE I
FORMOSA, puis NERILL.
FORMOSA, soûle.
Va-t-il venir ce soir? Et quand il viendrait? Folle!
Crois-tu changer une âme avec une parole ?
Le voir ne servirait à rien. Ce qu'il dirait,
Je le sais : qu'il a fait cela bien i\ regret.
Qu'il souffre autant que moi, que je suis toujours celle
Qu'il voudrait épouser, mais que l'État chancelle
Et qu'il se sacrifle. Assez menti ! J'aurais
beau pleurer, ce n'est pas pour reculer après
Qu'on fait ce qu'il a fait. Je serais assez basse
Pour me mettre à ses pieds et lui demander grâce,
A quoi bon ? Le revoir est une lâcheté
Inutile. — Il arrive, en ce monde éhonté,
Qu'on recherche une femme et puis qu'on l'abandonne;
Lui ne me quitte pas, il fait mieux, il me donne !
Quoi ! pas même jaloux ! — Mais il peut supposer