‹ Théâtre inéditChapitre 48 sur 246 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LE DUC JEAN

Pas parlé de moi ?

Nerill fait signe que non.

Tu ne l'as pas trouvée un peu changée?

NERILL.

Oui, certe!

En sortant ce matin elle était tout alerte, En revenant sa voix avait un tremblement.

Était-elle irritée, ou triste seulement ?

NERILL.

Je ne sais pas. — Son ordre est qu'il n'entre personne Ce soir, que lord Warwick.

LE DUC JEAN

Warv\rick !

A part.

Ah ! je frissonne.

A Nerill.

Le comte doit venir ce soir?

NERILL.

Elle l'attend.

LE DUC JEAN, à part.

Elle sait donc qu'il l'aime?

NERILL , à part.

Il paraît mécontent.

Est-ce qu'il penserait?... — Fi!

LE DUC JEAN, à part.

Que vont-ils se dire ?

74 FORMOSA

Comment en être instruit? C'est mon sort que conspire Ce rendez-vous. Mon ûme au démon pour savoir Ce qui va se passer!

A Nerill,

Elle va recevoir Le comte? seul?

KERILL.

Je vous l'ai dit, et je regrette D'avoir parlé, voyant votre mine inquiète; Mais Votre Grâce aurait grand tort de redouter Qu'elle lui dise rien qu'on ne puisse écouter.

LE DUC JEAN, à part.

Écouter !

A Xcrill.

Tu défends la maîtresse ; la chose Te fait honneur; mais, si lu veux savoir la cause De nos dissentiments, c'est que je suis jaloux Du comte.

NERILL.

11 n'est pas même encor venu chez nous ! Jaloux, nul ne vous a donné sujet de l'être, Mais il faudrait au moins le temps de se connaître, Et le comte, arrivé depuis un temps si courf...

LE DUC JEAN

En effet, c'est à peine arrivé qu'il accourt ! Et ta maîtresse alors ne laisse entrer personne, Pas même moi!

NERILL.

S'il est possible qu'on soupçonne!...

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