SCENE II
JORGAN, SERGENT.
J 0 il G A N.
Ainsi, VOUS avez joué, et il vous faut absolument vingt mille francs demain. Vous me les demandez. Pourquoi pas à vos amis?
SERGENT
Les amis empruntent, ils ne prêtent pas.
JORGA.N.
Vous en avez un qui ne ressemble pas à ceux-là.
SERGENT
Qui donc?
JORGAN.
Philippe. Vous n'êtes pas seulement, vous et lui, de la maison Bréhal, vous êtes camarades.
SEUGEM.
Oh ! camarades! Je suis, moi, un simple commis. Il a, lui, une bien autre position.
JORGAN.
Philippe est le plus généreux des hommes. Comment ne vous êtes-vous pas adressé à lui ?
SERGENT
Vous êtes bien généreux vous-même, de faire de lui un tel éloge.
JORGAN.
Qu'entendez-vous par là?
SERGENT
Rien... Philippe m'a obligé déjà plusieurs fois, et j'aurais craint d'abuser.
JORGAN.
On n'abuse pas avec Philippe. Quand même les autres fois vous ne l'auriez pas remboursé...
SERGENT
Je le rembourserai !
JORGAN.
Il ne vous en obligerait pas moins une fois déplus.
SERGENT
Je lui ai demandé. 11 m'a refusé.
JORGAN.
Vous m'étonnez. Philippe n'est pas un homme à laisser un camarade dans l'embarras. Beaucoup n'ont