SCÈNE II
JORGAN, seul.
Philippe sait qufî Prosper e.st mon fils. Alors, Sergent a raison, c'est un ennemi. Je n'ai plus de scrupule. C'est de lui que je vais me servir. — « Je ne serai la maîtresse de personne. » Ça débute par là. Mais depuis trois semaines qu'ils se voient tous les jours... D'ailleurs ce que j'ai entendu sufiSt.
J'ai aimé cette femme, maintenant je la hais. Elle ne m'a épousé que parce que son père l'a voulu. Je ne dis pas que ce soit sa faute si je n'ai pu me faire aimer d'elle : il y avait entre nous nos âges et nos natures. Jusqu'à présent, elle ne m'avait pas donné d'autre raison de colère que sa froideur. C'était assez. Et voici qu'elle y ajoute d'être pour un autre ce que je n'ai jamais pu obtenir qu'elle fût pour moi! Elle m'inflige le double affront de l'amoureux refusé et du mari outragé !
Ils me le payeront, elle et lui.
Pas de duel. Ce ne serait pas la première fois que je me battrais. Et je ne suis pas maladroit. Mais le duel en ce cas est stupide. On commence par dire à tout le monde ce qu'on voudrait qui ne fût connu de personne. Si le mari est blessé, il est deux fois ridicule : s'il blesse l'amant, il le fait aimer davantage. Jolie vengeance !
Le divorce ? Pour qu'elle soit libre 1 Je ne le demanderai pas et je ne lui fournirai pas le prétexte de le demander. Je la tiens, je ne la lâche pas!
Ni divorce, ni duel.
J'ai mieux.
Il n'y a pas de pire torture au monde que la jalousie. Je vais le rendre jaloux à maudire le jour où elle lui a dit qu'elle l'aimait !
Philippe est bien celui dont j'avais besoin pour cela. S'il en résulte entre eux une querelle...
A l'œuvre !
Céline !... Elle est agacée. Oui, de voir depuis tantôt Philippe empressé auprès de ma femme. Je peux utiliser son dépit. Je vais lui parler. Il faudrait ensuite qu'elle se trouvât seule un moment avec
G é rard ... lU s-éloigne un peu ■ l