BLANCHE, LA FÉE, COLIN
blanche, qui se croit seule.
L ne peux habiter plus long-temps cet asyle ; Tout y semble aigrir ma douleur:
Leurs plaisirs vrais et leur bonheur tranquille Sont un reproche pour mon cœur.
Fuyons... Eh quoi ! l’heureux sort de ma sœur Rend-il ma peine plus affreuse ?
Hélas ! quand on est malheureuse ,
îS
2c6 BLANCHE ET VERMEILLE,
Tout parle de notre malheur.
Que devenir ? Quel chemin dois-je suivre ?
Ah ! si la fée...
LA F É E , se montrant ; Colin reste derrière Eh bien J me voilà ; que veux-tu î
Secourez-moi, j’ai tout perdu:
Colin ne m’aime plus , je n’y pourrai survivre.
LA FÉE
C’est toi qui l’as quitté.
BLANCHE
Je le sais trop , hélas !
Et je l’aimois pourtant plus que ma vie.
Prenez pitié de Blanche , elle est assez punie;
Et souffrez que du moins je m’attache à vos pas :
J’aurai soin de votre vieillesse ,
Je n’aimerai que vous; mon respect, ma tendresse Seront mes seuls plaisirs jusquesi «ion trépas.
LA FÉE
Quand on a du chagrin, comme on a le cœur tendre Allons , viens, donne-moi le bras.
( Elles se mettent en marche. }
Arrêtez, arrêtez.
COLIN