‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 107 sur 108 · ACTE II, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VI

Ciel ! que viens-je d’entendre?

[Elle se jette dans les bras de U fée.) LA FÉE.

Eh bien ! Blanche, qui te retient ?

C’est ici le chemin qui mene à ma demeure...

Quoi! tu m’aidois à marcher tout-à-l’heure,

Et c’est mon bras qui te soutient !

colin.

Vous , qui méprisâtes mes larmes.

Et vos serments et mon amour,

Est-il bien vrai que dans ce jour Vous vouliez finir mes alarmes ?

Un mot, un seul mot me suffit :

J’oublierai tout, tout, excepté vos charmes;

Ce mot , vous l’avez déjà dit,

Répétez-le du moins.

BLANCHE

Le malheur qui m’accable Fut mérité par moi ; je saurai le souffrir. Laissez-moi , laissez-moi vous fuir.

COLIN

Si c’est vous qui fûtes coupable ,

Pourquoi voulez-vous me punir ?

208 blanche et vermeille.

LA FÉE

Écoute-moi , ma chere amie ;

Tu n’as point fait ce vœu que je dois accomplir ï Demande ce qui peut rendre heureuse ta vie ;

Je te donne encore à choisir.

BLANCHE

Je m’en garderai bien; j’aime mieux ma souffrance Que de voir Colin me chérir Par l’effet de votre puissance.

c O l I N , a genoux.

Colin n’aima jamais que toi,

Même pendant le temps où moname inquiété...

BLANCHE

Vous n’épousez donc pas Lucette?

colin, surpris.

Lucette , 6 ciel !

LA FÉE

Colin , pardonne-moi :

J’imaginai cette imposture Pour la punir de son manque de foi.

BLANCHE, à Colin.

Mon cœur m’en punissoit.

LA FÉE

Te voilà donc bien sûre

Page 1