‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 23 sur 108 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

Ce seroit vous , Colette , si vous m’abandonniez à présent, puisque je vous aime , puisque je vous chéris plus que jamais. Le voudriez-vous ? Parlez.

Auriez-vous la force de me dire : Jeannot , je ne vous aime plus?

COLETTE

Jamais je ne prononcerai ce mot-là.

LE MARQUIS,» Colin.

Elle s’attendrit, mon ami; demande-lui pardon pour moi.

(Il se jette dans les bras de Colin. ) COLIN, ému.

Ma sœur, il vient de m’embrasser comme il m’embrassoit autrefois.

LE MARQUIS

Colette, mon ami , je suis encore digne de vous; je le sens aux transports de mon cœur. Ah ! le don d’aimer est un présent que le ciel ne fait qu’une fois. J’ai si souvent regretté les

jours tranquilles que nous passions ensemble! j’ai si bien éprouvé que le bonheur n’est que dans l’amour et dans l’obscurité !

COLIN

Mon ami, il ne tient qu’à toi d’en jouir encore. Reviens chez nous, tu trouveras assez de malheureux pour bien placer tes richesses; tu feras du bien; nous t’aimerons : ce sera jouir à la fois du bonheur des pauvres et des riches.

LE MARQUIS

Plût au ciel que ma mere t’entendît avec l’émotion que tu me causes ! Mais ma mere n’est occupée que d’ambition : elle est bien malheureuse; elle ne songe jamais à ce qu’elle a , et toujours à ce qu’ont les autres. J’espere cependant la fléchir; je lui montrerai cette promesse de mariage que nous prenions plaisir à renouveller tous les

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