‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 44 sur 108 · LE MARQUIS, COLIN, COLETTE, LA MARQUISE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS, COLIN, COLETTE, LA MARQUISE

LA MARQUISE

Mo n fils , tout est perdu : je viens de chez un ingrat qui me doit tout; il n’a pas même voulu me recevoir. Que devenir ? 11 ne me reste plus rien sur la terre.

COLIN

Àh ! madame , pourquoi oubliezvous qu’il vous reste Colin? Ma sœur

Bo JEANNOT ET COLIN, et moi nous avons éprouvé aujourd’hui une douleur plus vive que celle qui vous accable : vous ne perdez que votre fortune, et nous avons craint d’avoir perdu nos amis. C’est à vous, madame, à nous prouver notre injustice ; c’es t à vous à consoler nos cœurs en acceptant tout Ge que nous possédons.

LE MARQUIS

J’en étois sûr, Colin. Oui, ma mere, voilà votre ami, votre bienfaiteur; c’est à lui que mon cœur vous confie:

quant à moi , il m’est impossible de partager le bonheur que vous promet son amitié.

LA MARQUISE

Qu’entends -je, mon fils? Tu veux me quitter?

LE MARQUIS, montrant Colette.

Elle ne m’aime plus ; elle croit que je l’ai trompée.

Page 1