LE MARQUIS, COLIN, COLETTE, LA MARQUISE
LA MARQUISE
Mo n fils , tout est perdu : je viens de chez un ingrat qui me doit tout; il n’a pas même voulu me recevoir. Que devenir ? 11 ne me reste plus rien sur la terre.
COLIN
Àh ! madame , pourquoi oubliezvous qu’il vous reste Colin? Ma sœur
Bo JEANNOT ET COLIN, et moi nous avons éprouvé aujourd’hui une douleur plus vive que celle qui vous accable : vous ne perdez que votre fortune, et nous avons craint d’avoir perdu nos amis. C’est à vous, madame, à nous prouver notre injustice ; c’es t à vous à consoler nos cœurs en acceptant tout Ge que nous possédons.
LE MARQUIS
J’en étois sûr, Colin. Oui, ma mere, voilà votre ami, votre bienfaiteur; c’est à lui que mon cœur vous confie:
quant à moi , il m’est impossible de partager le bonheur que vous promet son amitié.
LA MARQUISE
Qu’entends -je, mon fils? Tu veux me quitter?
LE MARQUIS, montrant Colette.
Elle ne m’aime plus ; elle croit que je l’ai trompée.