ACTE I, SCENE I
Mais il faut toujours t’obéir :
Avec toi Ton ne peut tenir Que les serments d’amour et de constance.
Tu sais que depuis notre enfance.
Destinés à nous voir époux ,
Nos premiers sentiments, nos plaisirs les plus doux Furent l’amour et l’espérance.
Qui pourroit troubler les beaux jours Que notre heureux sort nous destine?
Nous dépendons de ma mere Azurine ;
Elle a vu naître nos amours ,
Elle veut nous unir.
ZÉLIE
Oui, sa bonté touchante Ne s’occupe de rien que de notre bonheur.
Mais tu connois ce cruel enchanteur Dont le nom seul inspire l’épouvanté ,
Phanor ?
Eh bien ?
Il demande ma main.
Ta mere , de frayeur saisie ,
LE BAISER
ïoS
A voulu lui répondre en vain Qu’à toi l’amour m’avoit unie.
Hélas! rien n’a pu le fléchir.
N’importe, a-t-il repris, Zélie est honorée De ma recherche ; elle doit obéir :
Dans deux jours je viendrai finir cet hyménée. il est parti.
Demain sera donc la journée Où je n’aurai plus qu’à mourir.
ZÉLIE
Calme -toi, mon ami, notre mere est allée Consulter sur notre destin Cette vieille et savante fée Dont l’oracle est toujours certain.
Attendons son retour; cet oracle infaillible Rassurera ton ame trop sensible.
DUO
Je n’en croirai que ton cœur ,
Sur le destin de ma vie.
ZÉLIE
Ne doute pas de mon cœur,
Il est à toi pour la vie.