ACTE I, SCENE II
Hélas ! il me sembloit Que mon cœur avoit déjà fait Tous les serments que l’on peut faire.
azbrini.
J’ai traversé la paisible forêt Qu’habite la sage Birêne;
Je m’attendois à voir dans un antre secret Une effrayante magicienne.
Au front pâle et sévere , aux yeux étincelants,
Et dont le cœur endurci par le temps Seroit peu touché de ma peine.
Que je connoissois mal celle que je cherchois! Birêne , en me voyant , auprès de moi s’empresse , Me promet son appui , ses conseils, ses bienfaits , M’exhorte à soulager la douleur qui me presse :
Je vois bientôt que rien ne doit m’intimider.
Et que de la triste vieillesse Birêne n’a voulu garder Que la douceur et la sagesse.
AZURINI.
Je lui dis nos malheurs ;
IQ»
Eh bien?
Je lui peins vos amours , mes chagrins , ma tendresse.:lî Mon seul récit la touche , l’intéresse ;
En m’écoutant , ses yeux se mouillent de ses pleurs, te Tremblez, m’a - 1- elle dit , je connois la puissance ; te De ce cruel Plranor qui cause vos douleurs:
te L’ingrat tient de moi sa science, tt peut - être pourrons - nous prévenir ses desseins : j te Calmez- vous , je vais lire au livre des destins, sa !
Alors sa voix par les ans affoiblie M’explique le sombre avenir ;
De pleurs sa vue est obscurcie.
Votre destin la fait frémir.
Elle gémit ; elle s’écrie : tt Que je te plains , jeune Aîamirî tt Un seul moment peut te ravir tt Celle qui régné sur ton ame.
tt Allez, hâtez- vous de l’unir tt A l’aimable objet qui l’enflamme, tt Mais qu’Alamir redoute son bonheur : tt Un seul baiser pris à Zélie te Peut changer en jour de douleur et Le jour le plus beau de sa vie.