‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 71 sur 108 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

Quand un amant n’est point Jaloux,

Il n’aime point d’amour extrême :

On craint toujours de perdre ce qu’on aime , Quand l’amour fait notre bien le plus doux.

Veux -tu me pardonner tout ce que je t’ai dit?

Tu n’as donc plus de jalousie ,

Et la raison vient calmer ton esprit ?

La raison i Hélas ! mon amie.

J’ai bien du malheur avec toi:

Nous disputons toute la vie ,

Et jamais la raison ne décide pour moi.

Ton air humble et ta modestie Seront d’inutiles détours.

Crois -moi , restons brouillés.

A l a m i r , voulant baiser sa main. Le pourrois-tu, Zélie

Et l’oracle , Alamir 1

A C T E I I, S C E N E I V. itf A L A M I R , s 'éloignant précipitamment.

Oh ! j’y pense toujours.

Et sur - tout à présent que ma mere est sortie.

Voici l’instant de s’observer :

C’est sûrement pour m’éprouver Qu’aujourd'hui tu parois mille fois plus jolie.

Mais je veux oublier que j’ai reçu ta foi ,

Je ne veux plus parler ni m’occuper de toi •>

Tu verras ma sagesse extrême.

ÎÉIIÎ.

Malgré tes projets , mon ami ,

Je crains dans un moment de te revoir le même.

Tiens , va t’asseoir là bas ; je vais m’asseoir ici :

Nous causerons bien mieux.

( Elle place deux fauteuils aux deux extrémités du théâtre.)

A L A M i R , s’asseyant.

C’est pousser la prudence Assurément bien loin : mais n’importe, voyons;

Tu n’as qu’à décider ce dont nous parlerons,

Je veux au même point porter l’obéissance, z É L I E.

Mais nous pouvons parler de ce que tu voudras , Pourvu que tu n’approches pas :

LE BAISER

C'est la seule loi que j’impose.

Si tu m’en crois pourtant , avant la fin du jotar Nops ne parlerons pas d’amour.

Je le veux bien, soit, parlons d’autre chose.

( Il se fait un long silence. )

J’écoute au moins.

ZÉtlt.

Moi , mon ami , j’attends.

Mais je ne sais parler que de mes sentiments ,

Et tune le veux pas.

Je t’arrête bien vite.

Mon cher ami , laissons là ce discours ,

Il pourroit finir mal; nous pleurerions ensuite : Tâchons d’oublier nos amours.

Il faut chercher à nous distraire :

Seule avec toi, je crains également Et de parler et de me taire.

Je vais chanter; tu m’as dit si souvent Que c’étoit par ma voix que j’avois su te plairai Écoute - moi.

T’entendrai -je d’ici è

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