‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 72 sur 108 · ACTE II, SCENE IV. ÏJ · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV. ÏJ

ZÉLII.

Oh ! n’approche pas , mon ami ,

Ou je vais retrouver ma mere.

Le zéphyr amoureux de la rose nouvelle Ne quitte plus cette charmante fleur j Il vole sans cesse autour d’elle :

Tant qu’il modéré son ardeur ,

La rose pour lui renouvelle Et son éclat et sa fraîcheur.

Mais s’il devient téméraire ,

Et que , cédant à son transport, il agite la fleur légère , *

Il l’effeuille , il cause sa mort.

J’entends bien la leçon ; mais je crois , mon amie, Que nous avons bien mal interprété L’oracle que ma mere a tantôt rapporté.

<e Un seul baiser pris à Zélie ,

« Suffit pour faire leur malheur. «

J’explique mieux que toi , dans le fond de mon cœur, Cet oracle que je déteste.

Un baiser pris à toi nous seroit bien funeste ;

Mais si tu le donnois , il porteroit bonheur.

(Il s’approthe.) it..

JjS LE B A I S E K.

Zi LIE.

Non , non , ce n’est pas là ce que nous dit Birêne ;

Moi , je l’entends tout autrement.

Mais je voudrois du moins que cette magicienne

Nous eût parlé plus clairement. ( IL s’approche \ zÉLiE,à part.

Moi , je voudrois voir revenir ma mere.

A l A M i R , toujours s’approchant]

Que me dis -tu?

Z É LIE

Je dis que tu n’observes guère Ni mes ordres ni ton serment.

A L a m i R se recule brusquement.

Qui l’eût pensé qu’un si doux hyménée Me causeroit tant de tourment !

Je n’ai jamais trouvé si longue la journée. {Il se leve ! z É L I E.

Cependant je suis avec toi.

A L A M x r , très vivement.

Non , ce n’est pas être avec moi.

Vous m’assignez loin de vous une place ;

Vous défendez , jusqu’à la fin du jour.

Que j’ose vous parler d’amour.

Page 1