‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 82 sur 108 · ACTE III, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE IV

Eh bien ?

SIRENE.

Deux enfants amoureux, Tour peu que l’amour les inspire ,

Sont plus habiles que nous deux.

Non, non , deux enfants amoureux Ne renversent point un empire.

Oui, oui, deux enfants amoureux Sont plus habiles que nous deux.

Je dois tout confier à votre zele extrême. Apprenez un secret qui doit vous rassurer :

Nul mortel dans la tour ne peut jamais entrer, S’il n’est introduit par moi-même.

Eh quoi ! vous seul pouvez ouvrir...

Moi seul. Je ne crains rien.

Et vous devez frémir.

Comment ?

En arrivant dans ces lieux, tout-à-l’heufi j J’ai découvert un jeune homme bien fait.

Qui mesuroit, d’un coup-d’œil inquiet,

La hauteur de cette demeure.

De cette tour ?

Oui, seigneur, je l’ai vu*

Il tenoit dans ses mains une fléché brillante,

Et son arc à ses pieds étoit déjà tendu :

Sa marche paroissoit incertaine et tremblante; il évitoit d’être apperçu ,

Et des pleurs baignoient sa paupière.

Enfin, se croyant seul, il tire de son sein Un billet qu’il attache à sa fléché légère ;

Il couvre de baisers cette lettre si chere.

Puis il reprend son arc , et, d’une adroite main,

Il y pose ce trait , sa derniere espérance ;

Leve les yeux , et vise au plus haut de la tour,

Pour y lancer la lettre de l’amour.

La fléché alloit voler... j’ai paru : ma présence

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