‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 93 sur 108 · ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE IV

Ne peut faire que mon malheur;

Il faut y renoncer.

COLIN

J’entends trop ce langage.

Tout déplaît dans celui que l’on cesse d’aimer;

Mes défauts n’étoient rien quand je sus vous charmer. Souvenez-vous combien vous étiez différente ;

Mes plaisirs , mes chagrins , vous vouliez tout savoir ;

J’étois sur, en allant vous voir,

De trouver près de vous l’amitié consolante.

Vous aimiez tant à pénétrer Dans ma plus secrere pensée !

Et si j’étois jaloux, loin d’en être blessée.

Le plaisir de me rassurer L’emportoit sur la peur de vous voir offensée.

Mais aujourd’hui vous Voulez me trahir:

Vous cherchez un prétexte , et votre ame légère Ne veut exciter ma colere Que pour avoir le droit de m’en punir. Épargnez-vous une peine cruelle;

Lorsque l’on peut être infidèle ,

On doit le dire sans rougir.

BLANCHE

Eh bien ! Colin , pourquoi tant de foiblesse ?

1S4 BLANCHE ET VERMEILLE, Oubliez un objet trop indigne de vous;

En me délivrant d’un jaloux ,

En cherchant une autre maîtresse,

Votre sort et le mien n’en seront que plus doux,

COLIN

Je suivrai vos conseils; et dès demain peut-être...

BLANCHE

Dès aujourd’hui, vous en êtes l^maître.

DUO

COLIN

Adieu , perfide , pour jamais.

BLANCHE

Adieu, Colin; bon voyage.

COLIN

Adieu , perfide ; adieu , volage :

Oui , je vous quitte sans regret,

BLANCHE

Mais partez donc.

Oui, je m’en vais.

BLANCHE

Mais partez donc.

COLIN

C’est pour jamais.

[Il s' en va , et revient. J

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