‹ Theatre italien de M. de Florian (volume 2)Chapitre 92 sur 108 · BLANCHE, COLIN · texte numérisé non relu

BLANCHE, COLIN

BLANCHE

C’ est vous , Colin ! vous venez de bonne heure.

COLIN

Je serois arrivé déjà depuis long-temps.

Si les chemins de ma demeure N’étoient embarrassés des chevaux et des gens Du prince qui vient à la chasse,

blanche, vivement.

Il y revient encore ?

COLIN

Il y vient chaque jour.

Chaque forêt pourtant devroit avoir son tour ;

Mais c’est toujours le nôtre. On ne voit plus de place Où le gazon puisse fleurir;

Ils ont tout abîmé : le tumulte effroyable Et des chiens et des cors qu’on entend retentir, Forcent les troupeaux de s’enfuir ;

C’est un tapage épouvantable.

i?2 BLANCHE ET VERMEILLE.

En vérité, le prince est fort aimable,

Mais il fait bien du bruit quand il a du plaisir. BLANCHE.

De quel côté la chasse viendra-t-elle ?

COLIN

Ne voulez-vous pas y courir ?

Vous n’en manquez pas une ;et vous savez, cruelle, Combien vous me faites souiïfir:

Vous oubliez...

BLANCHE

Vous oubliez vous-même Qu’hier encore à mes genoux Vous m’avez fait serment de n’être plus jaloux.

COLIN

Oh ! je ne le suis plus : mais ma prudence extrême Voudroit que vous fussiez toujours seule avec moi. Si Ton vous voit , il faudra qu’on vous aime \

Et vous trahirez votre foi ,

J’en suis sûr...

Mais , Colin, vous mêlez un outrage A des discours qui séduiroient mon cœur.

Je vous le dis avec douceur :

Cet esprit inquiet , soupçonneux et sauvage ,

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