‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 26 sur 113 · SCENE Iir · texte numérisé non relu

SCENE Iir

jours votre mariage. Je suis la seule ^ à présent, chargée de ce grand secret, et je n’ose vous dire combien je suis fâchée d’être la seule. Ma chere maîtresse , je vous dois tout. Elevée auprès de vous dans la maison de monsieur votre pere, vous m’avez dotée, vous m’avez mariée à un époux qui fait le bonheur de ma vie. Je tiens tout de vous seule, et je suis obligée de faire aveuglément tout ce que vous desirez.i Jusqu’à présent, vous avez reçu, sous mon adresse, les lettres de M. Lélio : je n’ai jamais osé confier à mon mari que je vous rendois ce service; mais enhn...

Garde-t’en bien, ma chere Argentine. Arlequin n’a point de raisons pour m’être attaché ; il en a mille pour l’être à mon pere : c’est mon pere qp’il a servi, et son respect pour son an-

74 LE BON MÉNAGE, cien maître lui feroit trahir mon secret. D’ailleurs , je connois ton mari; aussi babillard qu’honnête homme, il n’imagine pas que l’on puisse cacher quelque chose. Tout seroit perdu s’il étoit instruit. Je te supplie donc, ma chere Argentine, par la tendre amitié que j’ai toujours eue pour toi, de me jurer ici de nouveau que , quelque chose qui puisse arriver, tu ne révéleras jamais mon secret à ton mari.

ARGENTINE

Je vous en donne ma parole, quoi qu’il m’en coûte pour vous la donner.

Ma chere maîtresse, je vous conjure de faire cesser la peine et l’inquiétude où je suis. Vous ne doutez pas de mon zele , vous connoissez ma tendresse pour vous... Passez-moi ce terme; on n’offense personne en l’aimant. Vous êtes bien certaine que je ferai toujours lout ce qui pourra vous plaire; mais

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