SCENE VI. 8i
«U fond du théâtre , où ils ont l’air de troquer leurs joujoux, tant qu’ Arlequin cause avec sa femme.)
ARLEQUIN, â sa femme, en lui donnant un sac d’argent.
Tiens, voilà pour toi; car il faut bien t’apporter aussi quelque chose; tu es le plus grand enfant de la maison.
ARGENTINE
Qu’est-ce que cela, mon ami?
ARLEQUIN
Ce sont ces cinquante écris que nous prêtâmes à ce pauvre homme que l’on alloit arrêter pour ses dettes : il a travaillé pour gagner cet argent-là pendant le temps qu’il auroit passé en prison à ne rien faire ; de sorte qu’il est quitte avec nous, avec son créancier : nous avons fait une bonne action , et personne n’y a rien perdu que le geôlier.
ARGENTINE, prenant le sac.
A te dire le vrai, je n’y comptois guere.
ARLEQUIN
En ce cas-là , serre-les pour les prêter à un autre. J’ai encore été chez... ( Les enfants font du brait avec leur tambour. ) Taisez-vous donc , vous autres ; on ne s’entend pas. J’ai été chez ta cousine : elle se plaint de toi ; elle dit qu’on ne te voit jamais , que tu es toujours renfermée avec tes enfants ou ton mari, que tu ne penses à rien dans le monde qu’à tes enfants et à ton mari : il faut convenir qu’elle a raison ; je suis juste , moi. (Le bruit redouble.) Mais voilà des enfants bien bruyants !
ARGENTINE
Pardi, pour les faire jouer doucement, tu leur apportes un tambour et une trompette. (Les enfants continuent. ) ARLEQUIN, aux enfants.
' Allez-vous-en battre la générale de l’autre côté.
(Les enfants s’en vont, )