‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 31 sur 113 · ARLEQUIN, ARGENTINE · texte numérisé non relu

ARLEQUIN, ARGENTINE

ARGENTINE

Va S- T U rester ici, mon ami?

ARLEQUIN

Oui; pourquoi cela?

ARGENTINE

C’est que j’ai à sortir.

ARLEQUIN

Où vas-tu?

ARGENTINE

Faire une commission pour mademoiselle Rosalba.

ARLEQUIN

Qu’est-ce que c’est que cette commission?

ARGENTINE

Je ne peux pas te le dire ; elle me l’a défendu.

arlequin.

Voilà, par exemple, un de tes avantages sur moi: tu sais garder un secret; moi je ne le sais pas. Aussi je te confie tous les miens, pour qu’ils soient en sûreté.

ARGENTINE

Mon bon ami, tout ce que je pense t’appartient; mais tu n’ignores pas les obligations que j’ai à mademoiselle Rosalba : c’est elle qui nous a mariés. Il me semble qu’ après un tel bienfait , je suis obligée de faire tout ce qu’elle exige, même de te cacher quelque chose.

ARLEQUIN

Ah! je me doute de ce que c’est. J’ai vu ce matin M. Pandolfe; il m’a dit qu’il avoit donné quinze mille livres à sa fille pour en faire ce qu’elle voudroit. Mademoiselle Rosalba a le meilleur cœur du monde; et quand on a un bon cœur et de l’argent mignon,

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