SCENE VII. i6i
Que veux- tu dire?
Je veux dire qu’il s’occupe sans doute de vous chercher un mari.
N I s I D A , vivement.
Ah ! j’espere que non.
Cela vous feroit du chagrin?
N I s I D A , froidement.
Tout changement à mon sort ne pourroit que m’être désagréable. Je suis heureuse avec mon pere, je n’aime que lui , je ne veux aimer que lui ; il ne respire que pour moi : ce sentiment suffit à mon cœur comme à ma félicité.
Ajoutez à tant de raisons la certitude de ne jamais trouver un époux digne de vous. Quand même sa fortune et son rang seroient au-dessus
102 LE BON PERE, des vôtres , quand même il seroit le plus aimable des hommes , vous feriez encore un mariage inégal.
Vous me louez toujours, Cléante; j’en suis fâchée , car j’aime à causer avec vous , et cela m’en empêche.
N É R I N E , bas à Cléante.
Allez donc... Oh ! le poltron! haut.) Moi, qui ne vous loue point, mademoiselle , et qui ne vous en suis pas moins attachée , je n’approuve pas cet éloignement pour le mariage. Vous êtes faite pour vous marier ; mais je veux que ce soit avec un homme dont l’âge et les qualités vous conviennent.
Monsieur votre pere est trop vieux pour le chercher , vous êtes trop jeune pour le choisir; si vous voulez, je le trouverai, moi, je m’en charge.
Tu es folle , Nérine»