SCENE VII
Non , je parle très sérieusement ; je vois d’ici ce qu’il vous faut. Dites un seul mot, et je vous amene un jeune homme bien fait, d’une jolie figure, d’un caractère doux et sensible, d’un esprit fin et aimable; en un mot, un époux rempli d’honneur, de grâce et d’amour. Si cela vous convient, vous n’avez qu’à parler.
Et tu répondras de toutes ces qualités, même de l’amour qu’il aura pour moi ?
Oh! c’est justement ce que je garantis le plus.
créante.
C’est pourtant le plus difficile à prouver. Quand on est la fille unique d’un homme opulent, on a le droit malheureux de ne jamais se croire ai-
i64 LE BON PERE, mée. La fortune fait payer ses bienfaits même à l’amour-propre : vous avezbeau être jeune, belle, charmante; vous êtes riche, ce mot seul arrêtera tout amant tendre et délicat : il doit être bien difficile de ne pas vous aimer , mais il est impossible d’oser dire que l’on vous aime.
Ce n’est pas à mon âge que l’on fait de si tristes réflexions ; et si jamais... clÉAnte, vivement.
Si jamais...