‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 75 sur 113 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Mon secrétaire !

Il n’est pas fait pour l’être , j’en suis sûre ; mais je n’en sens pas moins tout le malheur de mon choix. Je ne vous demande que de me secourir, et j’ose vous répondre que je surmonterai cet invincible penchant. Eloignez-moi de Cléante ; j’espere tout de mon courage, du temps, et sur- tout de l’absence.

ARLEQUIN

As-tu confié ce secret à quelqu’un?

Comment pouvez-vous le penser, puisque vous ne le saviez pas?

ARLEQUIN

Il est vrai, j’ai tort. Écoute- moi; je n’ai pas oublié que je ne vaux pas mieux que Cléante; et si j’étois encore en Italie, où tout le monde sait qui

i8o LÈ BON PERE.

je suis , je n’hésiterois pas à te le dori’ ner : mais ici, où, par amour pour toi , j’ai fait la sottise d’avoir de la vanité, cela devient plus difficile. Cepen» dant...

Non, mon pere, non; c’est à moi de mettre des bornes à votre excessive bonté. Plus vous faites pour moi , plus je dois faire pour vous. Je surmonterai ma passion, je l’immolerai au bonheur de votre vieillesse. Éloignez-moi deCléante, je vous le demande, je vous en supplie; donnez-moi du temps....

et j’épouserai le marquis d’Yrville.

ARLEQUIN

Tu n’épouseras point le marquis d’Yrville, mais il faut essayer de te guérir. Tu es bien malade, mon enfant, je serai ton médecin; et si les remedes te font trop de mal, nous les cesserons tout de suite : c’est t’en dire as-

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