SCENE IX. 177 mariage, et de me mettre au couvent
arlequin.
Au couvent! ( Ils se lèvent. )
Oui, mon pere, j’en ai besoin; j’ai besoin de solitude et de réflexion.
ARLEQUIN
Tu n’y songes pas, Nisida; toi, au couvent! cela est bon pour les filles que leurs peres n’ont pas le temps d’aimer. Eh! que deviendrois - je , quand je ne te verrois plus?Machere enfant , d’où peut te venir une résolution si cruelle pour moi? Ton cœur s’est-il donné? aimes-tu quelqu’un?
NISIDA, se cachant le visage.
Oui mon pere.
ARLEQUIN
Eh bien! voilà un grand malheur!
Tu n’as qu’à me le nommer, je m’en vais l’aimer aussi.
Ah ! il m’est impossible de le nommer sans rougir.
ARLEQUIN
Tu ne peux pas rougir avec moi!
ne suis-je pas ton pere? ton honneur n’est-il pas le mien? Ouvre- moi ton cœur, ma fille; peut-être à nous deux nous viendrons à bout de te rendre heureuse.
Eh bien! mon pere, apprenez ce que j’ai voulu cent fois me cacher à moi-même; guérissez-moi d’une passion que je coinbats sans cesse et qui renaît touj ours plus violente. J’aime. . . J’aime...
ARLEQUIN
Qui donc?
Cléante.