‹ Theatre italien de M. de FlorianChapitre 88 sur 113 · SCENE r · texte numérisé non relu

SCENE r

arlequin.

Vous savez bien , mademoiselle Nérine , qu’il y a six mois que j’entrai au service de vos maîtres.

Après, après, après.

ARLEQUIN

En arrivant dans votre maison , je m’occupai de gagner l’amitié de tout le monde; vous fûtes avec moi plus polie que personne, je fus plus honnête avec vous. Petit à petit , votre politesse est devenue de l’amour ; ce n’est pas ma faute : vous ne m’avez pas consulté; car si vous l’aviez fait, je vous aurois dit : mademoiselle Nérine, je ne vaux pas la peine d’être aimé de vous ; je suis retenu.

NÉRINE

Comment ! Que veux- tu dire ? Et tu crois...

ARLEQUIN

Continuons à causer paisiblement.

Oui , mademoiselle , j’en aime une autre ; je l’aimois avant de vous connoître : sans cela, peut-être auriez-vous eu la préférence. Vous voyez que je suis toujours poli; devenez raisonnable, mademoiselle Nérine. Que diable ! je ne vous ai jamais fait de mal, moi ; pourquoi m’aimez-vous?

NERINE, dans la derniere fureur.

Eh bien ! puisque tu le veux , puisque tu le desires , tu peux compter sur la haine la plus implacable. Dès aujourd’hui , je te défends de me parler, de me regarder, de jamais te trouver dans les lieux où je serai. Perfide ! je te prouverai que tu ne méritois pas une femme comme moi. Et ne t’imagine pas que tu pourras rire avec ta nouvelle maîtresse, et te moquer de mes chagrins : non , non ; je saurai me

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