‹ Théâtre italien (volume 2)Chapitre 10 sur 114 · ARLEQUIN, SCAPIN · texte numérisé non relu

ARLEQUIN, SCAPIN

( Ils fe regardent sans rien dire. )

UE veut dire tout ceci 3 D’où vient

que je n’ai plus mon billet, que tu l’as, toi, et qu’à propos aerien Argentine me traite comme cela ?

SCAPIN

Je n*en sais rien, mon ami. Argentine m’a donné elle-même ce billet, en me disant que c’étoit moi quelle vouloit épouser.

ARLEQUIN

Mais ce billet est à moi} je le reconnois bien : ils est presque tout effacé , tant nous nous étions embrassés. Comment Argentine a-t-elle pu l’avoir ? Elle m’a fait entendre que j’aimois Violette; moi qui n’ai jamais rien aimé dans le monde qu’Argentine 1 Suis-je assez malheureux!

Ah! je le disois bien ce matin , que j’étois

22 LES DEUX BILLETS, trop heureux : cela ne pouvoit pas durer. Tu vas donc l’épouser , toi?

Mais oui , puisqu’elle le veut.

ARLEQUIN

Tiens» je te conseille de t’en aller; car je pourrois fort bien te rosser de maniéré à retarder ton mariage. Tout ceci n’esc peut-être qu’une fripponnerie de ta part: je l’avois dans ma poche, ce billet, et tu me l’as peut-être volé.

Ah! mon ami , que tu me connois mal!

tu avois dans la même poche un billet de loterie qui vaut dix mille écus; assurément j’aurois pris celui-là si j’ avois p« te voler.

ARLEQUIN

Plût à Dieu que l’on me l’eût pris et qu’on m’eût laissé ma lettre ! Que deviendrai-je à présent ? Elle ne m’aime plus, elle va en épouser un autre. ( II pleure. ) Ah ! ah ! je vais être tout seul dans le monde. Allons, ils faut tâcher de mourir avant que le mariage soit fait. ( Il pleure. }

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