‹ Théâtre italien (volume 2)Chapitre 11 sur 114 · SC A P I N · texte numérisé non relu

SC A P I N

Tu me fais pitié, mon ami, et mon Attachement pour toi l’emporte sur mon amour. Ecoute : Argentine a promis d’épouser celui qui lui rapporteroit son billet : je l’ai, ce billet ; je te le donnerai, si tu veux me donner celui de la loterie.

ARLEQUIN

Donne , donne vite > tiens , le voilà : de ma vie je n’ai fait une si bonne affaire.

Ni moi non plus.

( Ils changent de billet. )

ARLEQUIN, s* adressant à celui d'Argentine .

Ah ! vous revoilà donc , monsieur! et pourquoi m’avez-vous quitté? Petit ingrat, petit étourdi , parlez, irez- vous encore courir le monde ? Irez-vous encore vous mettre prisonnier chez les arabes, afin que je paie votre ra'nçon ^ Ne vous en avisez plus} car je n'ai plus rien. Allons, je veux bien vous pardonner vos fredaines} embrassons-nous, ( Il le baise.) et que tout soit fini.

Ah ça, le billet est à moi!

ARLEQUIN

Eh! sans doute ; c’est dit cela. Je t’aî donné.un billet au porteur , tu m’as donné un billet au porteur : je souhaite seulement que le mien soit payé aussi aisément que le tien. Mais j’ai peur que ce drôle-là ne décampe encore; je vais le rapporter à sa maîtresse. Va-t’en, je t’en prie, car je vo.udrois lui parler seul.

Oh ! cela est juste. Adieu, mon ami; en vérité , je suis charmé de t’avoir fait plaisir. Voilà comme je suis, moi : j’ai le cœur tendre; jamais je n’ai pu résister à des larmes.

Va, va te faire payer; ton cœur est à cette porte jaune où l’on donne de l’argent.

S C A P I N , à part

Cachons-nous au coin de la rue, pour voir comment il sera reçu.

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