A R L E Q U IN
Écoutez, ma bonne amie, c’est sûrement moi qui ai tort; car il est impossible que vous n’ayez pas raison : mais on ne s’entend jamais bien à cinq ou six toises l’un de l’autre; faites-moi le plaisir de descendre, je vous en prie.
ROSETTE
Très-volontiers; ce ne sera pas pour long-temps, car voilà la nuit.
( Elle descend. )
ARLEQUIN, à part
Que veut-elle dire3 Je sais fort bièn que je n’ai pas plus de mémoire qu’un lievre; mais je n’oublie jamais ce qu’on me donne.
ROSETTE
Eh bien! me voilà: que veux-tu?
ARLEQUIN
Je veux mon portrait; vous me l’avez promis , il faut tenir sa parole.
ROSETTE
Mais elle est acquittée ma parole; et tu sais bien. . .
ARLEQUIN
Allons, allons, mademoiselle Rosette finissons cette plaisanterie; je n’aime point du tout qu’on badine sur ces choses-là. Quand on est amoureux tout de bon, ce n’est pas pour rire , mademoiselle.
ROSETTE
Quoi! sérieusement» tu veux me soutenir que je ne t’ai pas donné mon portrait l
ARLEQUIN
Non, sans doute, vous ne me l’avez