‹ Théâtre italien (volume 2)Chapitre 104 sur 114 · A R L E Q U IN · texte numérisé non relu

A R L E Q U IN

Écoutez, ma bonne amie, c’est sûrement moi qui ai tort; car il est impossible que vous n’ayez pas raison : mais on ne s’entend jamais bien à cinq ou six toises l’un de l’autre; faites-moi le plaisir de descendre, je vous en prie.

ROSETTE

Très-volontiers; ce ne sera pas pour long-temps, car voilà la nuit.

( Elle descend. )

ARLEQUIN, à part

Que veut-elle dire3 Je sais fort bièn que je n’ai pas plus de mémoire qu’un lievre; mais je n’oublie jamais ce qu’on me donne.

ROSETTE

Eh bien! me voilà: que veux-tu?

ARLEQUIN

Je veux mon portrait; vous me l’avez promis , il faut tenir sa parole.

ROSETTE

Mais elle est acquittée ma parole; et tu sais bien. . .

ARLEQUIN

Allons, allons, mademoiselle Rosette finissons cette plaisanterie; je n’aime point du tout qu’on badine sur ces choses-là. Quand on est amoureux tout de bon, ce n’est pas pour rire , mademoiselle.

ROSETTE

Quoi! sérieusement» tu veux me soutenir que je ne t’ai pas donné mon portrait l

ARLEQUIN

Non, sans doute, vous ne me l’avez

Page 1