‹ Théâtre italien (volume 2)Chapitre 113 sur 114 · S C E N E XIX · texte numérisé non relu

S C E N E XIX

ARLEQUIN

Il l’a été cependant; car vous lui avez donné votre portrait.

ARLEQUIN CADET

Mademoiselle Nérine sait bien ce qu’il est devenu. Écoutez , mademoiselle, j’ignore si mon frere a des torts avec vous; mais il est sûr que je ne suis ici que d’aujourd’hui. Comme j’arrivois , mademoiselle Rosette est venue très-poliment me donner son portrait et de l’argent : l’instant d’après , vous êtes venue m’arracher l’un et l’autre , et vous avez disparu comme un éclair , en me reprochant que j’étois insensible à votre amour, tandis que j’aurois donné tous les trésors du monde pour avoir le plaisir de vous voir un moment de plus.

ARLEQUIN

D’après ce qu’il vous dit , mademoiselle, il me semble que vous pourriez troquer ce portrait -là contre l’original du du mien. ( Il montre son frere. )

NÉRINE

Vous m’avez appris qu’il faut se connob ne avant de s’aimer.

îp2 L E S J U M EAUX.

ARLEQUIN CADET

Voyez mon étourderie! avec vous, j*ai eomrtiencé par la fin. D’ailleurs , vous cohnoissez mon frere ; c’est tout comme si vous me commissiez : vous voyez que je lui ressemble trait pour trait. La seule différence qu’il y ait entre nous deux , c’est que je suis le -cadet ; et si vous aviez la bonté de m’ainier , je me eroirois l’aîné de la la famille.

ARLEQUIN

Allons, mademoiselle Nérine , il dépend de vous seule que nous soyons tous les quatre heureux.

ARLEQUIN CADET

Eh bien?

Eh bien •' je vois qu’il faut toujours lui rendre son portrait ^ et puis nous verrons s’il faudra vous donner le mien.

ARLEQUIN

Mes amis, nous voilà tous contents ; ai mons-nous bien : mais si vous m’en croyez, n’habitons pas dans la même maison; il pourroitarriver des méprises de plus grande conséquence que celle d’aujourd’hui.

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