‹ Théâtre italien (volume 2)Chapitre 26 sur 114 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

cent mille écus ; et ce matin il m*a apporté quinze mille francs dont je suis maîtresse absolue. Tu ne devines pas ce que j’en veux faire ?

ARGENTINE

Non.

Si je ne te devois pas tant, je serois bien plus hardie à te les offrir.

ARGENTINE

A moi ?

Oui, ma bonne amie? ajoute ce plaisir à tous ceux que je te dois; souffre que cette bagatelle soit mise en rente viagère sur ta tête : j’ai déjà donné des ordres à mon notaire, et je t’enverrai ce soir ton contrat.

ARGENTINE

Ma chere maîtrefle ; je n’ose ni accepter ni refuser vos bienfaits; mais....

Si tu me refuses, je ne veux plus de tes services.

ARGENTINE

Écoutez. Je suis heureuse, je ne manque de rien, et j’ai déjà., grâce à vous, assuré le sort de mes enfants. Si mon mari

5* LE BON MÉNAGE venoît à me perdre , il ne seroit pas à son aise> que ce soit lui qui profite de vos bienfaits : mon cœur et ma délicatesse y trouveront miedx leur compte*

A la bonne heure : je vais dès ce moment tout arranger selon tes intentions. Adieu , ma chere Argentine; c’est aujourd’hui que j’ai reçu de toi la plus grande marque d’amitié.

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