‹ Théâtre italien (volume 2)Chapitre 47 sur 114 · SCENE XVII. S · texte numérisé non relu

SCENE XVII. S

dans mon plaisir de revoir ? rappelle-toi tous les instants de ma vie, en ai-je été un seul sans te dire, sans te répéter, sans te prouver que je t’adore ê ton cœur peut-il m’accuser?

ARLEQUIN

Il n’est pas question de mon cœur, il ne vous acccusera jamais. La vieille habitude qu’il a de vous croire fait qu’il me parle toujours pour vous.... Mais je ne l’écoute pas. Voilà la lettre qui vous ^ condamne; cette lettre est de M. Lélio; M. Lélio vous aime; vous vous cachez de moi pour aller voir M. Lélio : tout cela est clair.., Et tenez, M. Pandoife luimême , à qui je viens de tout raconter, parce que je ne peux pas garder mes cha' grins, moi; M. Pandoife a été plus affligé que surpris; il m’a dit que M. Lélio s’amusoit à être l’amouréux de toutes les femmes qu’il voyait. Car il ne faut pas que vous vous imaginiez être la seule que M. Lélio adore. Il se moque de vous tout comme des autres. Il en aime peut-être dix dans ce momentrci; eç cette lettre-là a servi pour une douzaine. Sans aller plus loin , M, Pandoife m’a dit qu’il avoir un peu Sûumé la tête à. mademoiselle Rosaiba*

LE BON MÉNAGE

ARGENTINE

Et vous pensez que j’aurois été capable d’enlever un amant à mademoiselle Rosalba, à ma bienfaitrice, à celle à qui je dois tout ! Vous imaginez que j’aurois sacrifié ma tendresse pour toi , mon bonheur , mon repos , pour avoir le plaisir de chagriner mademoiselle Rosalba ! Non, mon ami > l’amitié seule m’auroit défendue ; mais je l’étois assez par mon amour, qui est aussi vif, aussi tendre qu’au premier jour de notre mariage. Il est possible qu’une femme trompe son époux , mais elle ne peut pas tromper son amant : l’amour est une sauve-garde cent fo(is plus sûre que la vertu. Mon ami, je suis innocente, puisque je t’aime, puisque je t’adore, puisque je préféré la mort à ton indifférence.. » Réponds-moi... A quoi penses-tu ?

ARLEQUIN, Lz regardant.

Je pense qu’il seroit bien dommage que la fausseté eût ce visage-là.

ARGENTINE

Livre-toi au mouvement de ton cœur; reyiens à moi, reviens à celle qui n’a

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