C L É A N TE
Il me semble que deux suffisent.
ARLEQUIN
Tu n’as qu’à dire, je suis en train; mais je crois qu’en voilà bien assez.
Prends cette mandoline et chante-moi les couplets que je viens de faire, pour que je corrige.
nô LE BON PERE.
( Il chante en s'accompagnant de la mandoline.')
Ma fille unit aux grâces de son & e Des dons plus sûrs pour fixer le bonheur ;
Et l’on ne saifc que chérir davantage De sa beauté , son esprit , ou son cœur.
ARLEQUIN
C*est mot à mot ce que j’ai dit; je croyois cela plus difficile. Voyons l’autre couplet.
C L É A N T E chante.
Je peux flatter une fille si chere ,
Mais l’on pardonne à ce dqux sentiment :
Si je la vois avec les yeux d’un pere , Tout autre aura les yeux d’un tendre amant.
ARLEQUIN surpris.
C’est moi qui ai fait celui-là ?
Vous venez de me le dicter.
ARLEQUIN
Cela est vrai; mais il n’avoit pas l’air si joli quand je l’ai fait. C’est fort bien» fort bien; je ne vois rien là à corriger. Sans me flatter, conviens qu’ils ne sont ©as mal.