‹ Théâtre italien (volume 2)Chapitre 62 sur 114 · C L É A N TE · texte numérisé non relu

C L É A N TE

Il me semble que deux suffisent.

ARLEQUIN

Tu n’as qu’à dire, je suis en train; mais je crois qu’en voilà bien assez.

Prends cette mandoline et chante-moi les couplets que je viens de faire, pour que je corrige.

nô LE BON PERE.

( Il chante en s'accompagnant de la mandoline.')

Ma fille unit aux grâces de son & e Des dons plus sûrs pour fixer le bonheur ;

Et l’on ne saifc que chérir davantage De sa beauté , son esprit , ou son cœur.

ARLEQUIN

C*est mot à mot ce que j’ai dit; je croyois cela plus difficile. Voyons l’autre couplet.

C L É A N T E chante.

Je peux flatter une fille si chere ,

Mais l’on pardonne à ce dqux sentiment :

Si je la vois avec les yeux d’un pere , Tout autre aura les yeux d’un tendre amant.

ARLEQUIN surpris.

C’est moi qui ai fait celui-là ?

Vous venez de me le dicter.

ARLEQUIN

Cela est vrai; mais il n’avoit pas l’air si joli quand je l’ai fait. C’est fort bien» fort bien; je ne vois rien là à corriger. Sans me flatter, conviens qu’ils ne sont ©as mal.

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