‹ Théâtre italien (volume 2)Chapitre 84 sur 114 · CLÉANTE, NÉRINE · texte numérisé non relu

CLÉANTE, NÉRINE

s’est-il donc passé? Monsieur Arlequin vient de rentrer chez lui tout en larmes, et il m’a dit de venir vous con« soler.

CLÉANTE

Il m’a ordonné de quitter sa maison dès ce moment } il m a embrassé , m’a juré une éternelle amitié, et ma défendu d® reparoître ici.

144 L E BON PERE

Je n’y comprends rien. Et qu’allez-voug faire ?

Obéir ,Nérine. Je n’y survivrai pas; mais je partirai. Ah ! du moins , puis-je compter que tu parleras quelquefois de moi à ta maîtresse? Tu connois mon cœur, tu pourras lui répondre que jamais on ne i’aimera comme je l’aime; tu lui raconteras tout ce que j’ai fait, tout ce que j’ai pensé, tout ce que j’ai souffert pour elle; peutêtre donnera-t-elle quelques larmes à mon sort.

N É R I N E, pleurant.

Hélas! que nous sommes malheureux!

D’abord, vous pouvez compter sur moi jusqu’à la mort.

Tu es la seule dans le monde qui se soit intéressée à moi; un de mes plus grands malheurs , c’efl de ne pouvoir reconnoître ton amitié : prends du moins ce diamant; c’est le seul bien que m’a laissé ma mere, le seul dont je puis disposer; jamais il ne m’a été si cher que dans ce moment oif^je peux te l’offrir.

N E ït i N E.

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