‹ Théâtre italien (volume 2)Chapitre 95 sur 114 · SCENE III. i<?s · texte numérisé non relu

SCENE III. i<?s

ARLEQUIN lui rend le portrait.

Non ; il faut que je m’en aille, car mon maître m’attend pour que je lui rende ses clefs. Nous avons eu une querelle ensemble : il m’a refusé la permisssion de me marier \ je lui ai dit qu’il n’avoit qu’à chercher un autre domestique, Il s'est emporté, et m’a mis à la porte sans vouloir me payer mes gages.

ROSETTE

Sois tranquille ; je suis riche , et demain ma fortune et ma main seront à toi. Va finir tes affaires , et reviens chercher ce portrait avant la nuit.

Je n’y manquerai pas. Ce qui me fâche le plus de la colere de mon maître , c’est que je comptois lui donner à ma place mon frere jumeau qui est en Italie ; je lui ai écrit, dans cette intention, de venir toute de suite me jonidre à Paris. Il arrivera un de ces matins, et je ne saurai comment le placer.

ROSETTTE.

Nous aurons soin de lui, ne t’en inqui . te pas.

Oh! je suis bien sûr que mon frere te plaira. Il est charmant , toujours gai , toujours de bonne humeur; et puis nous nous ressemblons si parfaitement, qu’il est très-difficile de nous distinguer. Tout bien réfléchi, je suis bien aise qu’il ne soit pas encore arrivé ; car tu aurois fort bien pu l’épouser à ma place , sans t’en douter.

Non, mon ami : celui qu’on aime n’a point de jumeau. Mais tu oublies que ton maître t’attend.

A RLEQUIN.

A propos; sûrement, il m’attend: il faut que je m’en aille. Adieu, ma bonne amie ; tâche de faire dépêcher ce peintre. ( II s’en va. )

ROSETTE

Oui, oui; adieu.

ARLEQUIN revient.

Ma bonne amie, n’oubliez pas que c’est aujourd’hui la veille de demain.

ROSSETTE.

Sois tranquille, et va- t’en.

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