‹ Théâtre italien (volume 2)Chapitre 99 sur 114 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

J’ai beau chanter, je ne peux pas oublier que je meurs de faim. Mais il faut que mon frere soit fou; il m’écrit à Bergame de le venir joindre à Paris, et il oublie de me donner son adresse. J’ai déjà demandé à plus de cent personnes où demeure monsieur Arlequin , domestique; ils me répondent tous par des éclats de rire. On aime beaucoup à rire dans ce pays -ci. Oh! je rirai aussi, moi; mais quand j’aurai dîné. On a beau dire que l’on s’accoutume à tout; voilà plus de trois jours que j’ai faim , et je ne peux pas m’y accoutumer. Allons , du courage ; peut-être ferai-je fortune ici : je montrerai l’italien, je sais jouer de la guitare ; voilà de quoi se pousser dans le monde. D’ailleurs , j’ai oui dire qu’en France on préféré toujours quelqu’un de médiocre , quand il est étranger, à un homme de mérite qui n’est que du pays : je suis étrangerje ferai fortune. En attendant, je voudrois bien trouver mon frere. Il me vient une idée : je vais frapper à toutes les portes que je verrai; je finirai sûrement par trouver mon frere. Voyons , commençons par celle-ci. ( II frappe a la porte de Rosette ; Rosette vient derrière lui.)

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