BLANCHE, LA FÉE
LA FÉE
E h bien ! ma chere amie , As-tu fait tes adieux ? Partons-nous pour la cour ?
Quand vous voudrez .•mais avant tout , ma mere , Je crois qu’il seroit nécessaire De connoître un peu ce séjour.
LA FÉE
Il est difficile peut-être De le bien définir ; il change à tout moment.
Presque toujours c’est un pays charmant ;
Tout le monde est heureux ou cherche à le çaroître :
On se déteste un peu , mais c’est si poliment !
On s’embrasse sans se connoître y On se détruit l’un l’autre doucement.
Parents, belles , amis, tous n’ont qu’un sentiment. C’est de se supplanter en secret près du maître.
BLANCHE
Mais quand le prince enfin m’aura donné sa Foi Par le plus brillant hyménée ,
Quelle sera nia destinée ?
' Vous le savez.
LA FÉE
Sans doute ; écoute-moi :
Une jeune et belle princesse Ne fait rien qu’avec dignité ;
Le respect l’entoure sans cesse Pour tenir bien loin la gaîté.
L’étiquette doit la conduire ;
Car , sans elle , point de grandeur *
Si la princesse veut sourire.
Il faut l’avis de la dame d’honneur.
BLANCHE
Mais cependant...
LA FÉE
Viens en juger toi-méme.
Partons.
BLANCHE
Quand je serai dans cette gêne extrême , Si par hasard j’allois me repentir D’avoir quitté.,.