ZÉLIE, ALAMIR, AZUR1NË ; SUITE D’A Z U R I N E
C’est vous, ma mere I ah! nous brûlons d’ap« prendre
Quel est le sort qui nous attend.
Pardonnez ; il sait tout , je n’ai pu m’en défendre.
Je 'me doutois , ma chere enfant.
Que vous ne seriez pas discrète.
Mais rassurez-vous cependant.
Votre félicité parfaite Ne dépend plus que d’un serment Que vous ferez à votre mere.
ALAMIR
Un serment ! Quel est-il ?
LE BAISER
Hélas î il me sembloît Que mon cœur avoit déjà fait Tous les serments que l’on peut fane.
J'ai traversé la paisible forêt Qu’habite la sage Birêne ;
Je m’attendois à voir dans un antre secret Une effrayante magicienne ,
Au front pâle et sévere , aux yeux étincelant# , Et dont le cœur endurci par le temps Seroit peu touché de ma peine.
Que je connoissois mal celle que je cherchois i Birêne , en me voyant , auprès de moi s’empresse , Me promet son appui , ses conseils, ses bienfaits » M’exhorte à soulager la douleur qui me presse :
Je vois bientôt que rien ne doit m’intimider ,
Et que de la triste vieillesse Birêne n’a voulu garder Que la douceur et la sagesse.
Eh bien ?
Je lui dis nos malheurs;
Je lui peins vos amours, mes chagrins, ma tendresse.
Mon seul récit la touche , l’intéresse ;
En m’écoutant , ses yeux se mouillent de ses pleurs.
y, Tremblez , m’a-t-elle dit, je connois la puissance.
« De ce cruel Phanor qui cause vos douleurs,