‹ Théâtre italienChapitre 91 sur 116 · LUBIN · texte numérisé non relu

LUBIN

Tu dis toujours bientôt , ma V ermeille ; j’ênrage ;

Ne m’as-tu pas donné ta foi ?

Orpheline â vingt ans , maîtresse de toi-même , Pourquoi ne pas en profiter ?

Quand une fille a dit , oui , j’aime ^

Un oui de plus ne doit pas lui coûter.

VERMEILLE

Je suis de ton avis ; maïs l’ordre de ma mere Nous a prescrit de ne rien faire Sans consulter la fée : il faut suivre sesloix.

Tu sais que cette fée , aussi bonde que sage ,

Prit soin de nous dès notre premier âge j Elle nous a redit cent fois :

*Mes fille, <, mon bonheur ne dépend que du vôtre 1 i-> J’accomplirai toujours votre moindre souhait 5 « Et le prix de chaque bienfait « Sera l’engagement d’en recevoir un autre, «

LUBiN.

Ehbien ! voici l’instant de demander Lubin,

VERMEILLE

Je compte aufii l’aller trouver demain,

fourquoi pas^ aujourd'hui? Sais-tu bien, moil si mW

*44 blanche et vermeille.

Que nous percions à réfléchir Au moins les trois quarts de la vie ?

On balance long-temps avant que de choisir : Souvent on choisit mal ; on sè repent, on change ;

On trouve enfin ce qu’il faut à son cœur.

On perd encor du-temps ; et puis , quand on s'arrange ,

A peine reste-t-il quelques jours de bonheur.

VERMEILLE

Je pense comme toi , mais sans être si vive;

Et je veux , avant tout , en parler à ma sœur,

Il faut bien que Blanche nous suive Pour demander aussi mon bon ami Colin.

VERMEILLE

Hélas! je crains, mon cher Lubin,

Que Blanche ne soit plus la même.

Depuis huit jours, sur-tout , je la vois en secret S’ajuster , se parer avec un soin extrême :

Elle gronde Colin , ne le voit qu’à regret. ...

De changer auroit-elle envie?

Non, sans.doute, fit mon cœur à tort va s’alarmer. Quand on est une fois convenu de s’aimer ,

C’est un marché fait pour la vie.

Blanche est un peu coquette; et ce défaut charmant Fait que , sans aimer son amant ,

On le fait enrager : c’est un double avantage.

Je conviens que Ci lin est un peu soupçonneux ;

Ils

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