SCÈNE III
PÉNÉE, D AP HNÉ, etleurcour.
PESÉE
CoiTRO:sSER ApoUon ! Qu'importe à l'hyménte
De la fille de Pénée?
Pour comprendre ces mots , je fais un vain effort-
AMPHRISE.
ïfos conseils ont été frivoles ; La seule obscurité fait le prix des paroles Que l'on cherche au livre du Sort.
PESÉE , à Daphné.
Ma fille , rendez- vous aux volontés d'un père : Qu'il soit votre oracle aujourd hui.
Aimez Tharsis ; il vcuî doit plaire ; Toute notre cour est pour lui.
APIDAME.
Tels étoicnt ces mortels pour qui l'idolâlrie Commença d introduire au monde son pouvoir.
AMPHRISE.
Il a tout l'air d'im dieu; l'on diroit, à le voir, Que ! Olympe est sa patrie.
DAPHNÉ
Hélas I j'en crus autant, lorsqu'on notre prairie Je le vis arriver iucormu dans ces lieux. Maintenant mon cœur lùche à démentir mes yeux.
2i4 DAPHNÊ.
Ne m'en accusez point ; quelque force suprême M'entretient, malgié moi , dans cette erreur extrême. Que Tliarsis soit parfait , qu'il ait l'aii- qu'ont les dieux , Est-ce par raison que l'on aime ?
PÉNÉE
L'iiymen change les cœurs ; suivez mes volontés.
DAPHNÉ
Quoi, seigneur, vous ausei vous me perse'cutez ! De ses autres tyrans sans peine on se console ;
Mais d'un père ! un père m'immole !
Je tiens le joiu- de vous, seigneur; vous me l'ôfez.
PÉNÉE
Moi , je perdrois Daphné ! qu'ai-je à conserver qu'elle ? L'hymen m'a-t-il fait d'autres dons ?
DAPHNÉ
Cependant, quand je vous appelle
Du plus tendre de tous les noms , Vous ne vous souvenez que de votre puissance ;
Vous regardez l'obéissance , La raison , et jamais d'autres tyrans plus doux : Il en est toutefois. Leucippe vient à nous ;
Je lui vais ôter l'espérance.
Vous le voulez , seigneur ; je le lis dans vos yeux.