ACTE 1 V, SCÈ^E I V
Est-ce là votre anêt ?
D APH5É
Cet oracle odieux Vient de mon père seul.
LEIJCIPPE.
Votre père et les dieux Disposent de mon sort , mais non pas de mon ame : Moi-même en suis-je maître?
DAPHÎJÉ.
Il le faut.
LEUCIPPE
AL, Dapline !
Que ce nïot est facile à dire !
Et que l'amour possède avecque peu d'empire Ua cœur que la contrainte a sitôt entraîné '.
Quoi ! faut-il que mon coeur soit par tous soupçonné .' Cruel ! n'avois-je pas encore assez de peine ?
LEUCIPPE
Eln&n donc le destin me déclare sa haine ; Vous serez à Tharsis ; et moi , par mes soupirs J'augmenterai ses plaisirs.
DAPHNE
Plût au ciel que Tharsb causât seul vos alarmes , Et qu'un père
LEUCIPPE
Achevez.
DAPHSE.
Hé ! que sf rt d'aclicvcr Un souhait qu'on sait bien qui ne peut arriver !
LEUCIPPE
Il 11 importe, mon ame y trouvera des charmes.
Pîe m'aimez plus.
LEtJCIPPE.
Le puis-je? et le sotihaitez-vous ?
daphné.
Vos tourments ont pour moi quelque chose de doux , Il est vrai ; mais cessez.
LEUCIPPE
Hélas ! cesser de vivre Est le seul remède à mon mal :
Yoilà le parti qu'il faut suivre ; Mais avec moi je veux perdre aussi mon rival. Vous ne me serez pas impunément ravie : Non , Daphné. Vous pleurez ? Ah , princesse ! je dois
Mourir pour vos yeux mille fois.
Avant qu'avoir Daphné , Tharsis aura ma vie. Je ne puis voir tant de biens En d'autres bras que les miens :
Que mon rival me les cède , Et renonce à votre amour, Ou qu'il m'ôte aussi le jour Si l'on veut qu'il vous possède.
DAPHNÉ
Leucippe , si je vous perds , Il faut que dans nos déserts La solitude me donne Un sort plus calme et plus doux ; Et ne pouvant êti-e h vous , Je ne veux être ci personne,