LU CI5DE, PERRETTE
Enfis, Permette, nou.s resterons ici jtisqua ce soir.
PERRETTE
Oui ; mais je ne sommes guère loin du chûiiau de Totre père : j'ai peur que nous ne soyons pas long-tenip« ici sans qu'on vienne nous y charclier.
Nous y seronà bien cacliëes. Mais eu conscience, Perrctte, voudrois-tu partir d'ici sans avoir la charité de tirer ce pauvre petit jeune bomme de l'erreur où l'on le fait vivre?
PERUETTE.
Ouais ! vous vous intéressez bian poxu" lui ! Si j'osois , je croirois queuque chose.
Et que croirois-tu ?
PERRETTE
Je croirois que vous ue seriez pas fâchée de l'avoir, pour mari,
Tu ue sais ce que tu dis.
PERRETTE
oh ! par ma foi , j'ai mis le nez dessus.
LUCINDE
Que veux-tu dire 1
Mon guieu I je ne suis pas si sotte que j'en ai la mine. Quand je vous le vis regarder hier avec, tant d attention par le tiou de la sarrure, je dis à paît moi, V là notre maîtresse Lucinde qui se prend; et si ce grand dudaisque n'en lui vouloit bailler pour ('poux avolt eu aussi bonne mine que ce petit étoiuueau-ci , je ne serions pas sorties de la maison.
LUCINDE
Tu vois plus clair que moi, Perrelte. Je t'avoue que je formai dès hier la résolution de faire tout mon possible pour détromper ce pauvre petit homme, et que c'est à quoi j'ai pensé toute la nu;t. M^iis .jusqu'à présent je ne m'aperçois pas que mou cœur agisse, p«ir uu autie mouvement que par celui de la compaseiou.
C0 5IÉDIE. 237
PERRETTE
Eh 1 oui, oui, vous autres grosses dames vous n'allez point tout dabord à la franquetie : vous faiies toujours semblant de vous déguiser les choses. Pour moi , je n'y entends point tant de façons; et quand Tljii)aut me prit la main pour la première fois pour danser, qu'il me la serrit de toute sa force, je devinai du premier coup ce que ça vouloit dire Eh mais ! qu'entends-je ?
(ihibaotcrle derrière le thrâtre , et ne paroît que quand Eertrand el Jossclin sont seuls sur la scène. )