‹ ThéâtreChapitre 138 sur 220 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

ANSELME, M. TOBIE, THIBAUT, JOSSELIIV-, LUCINDE et PERRETTE,àla fenêtre.

ANSELME

Jusqu'au revoir.

JOSSELIN

Yens plaît-il boire encore un coup? (à Thibaut. ) Oh

çîl ! à vous le dez, pays ! ( il lui présente la coupe pleine de vin. )

THIBAUT

A mol ?

ttrciNDE, à Perrette.

Perrette , ton mari va boire.

PERRETTE

A quoi s'amuse-t-il ? Ce n'est pas que je craigne rien -, mais le cœur me tape.

lOSSELIN.

A cause que vous êtes un bon frère , en voilà rasade : buvez.

THIBAUT

Parsangué ! je n'ai pas soif.

JOSSELIN

n ne s'af^it pas d'avoir soif , et c'est seulement par curiosité , et pour savoir si vous êtes aimé de voti'C femme : huvez.

THIBAUT

Non , morgue ! je ne boirai point. Et si le vin alloit se répandre, par hasard ? Testigué ! voyez-vous , je suis maladroit de ma nature. Quand je saurois ça, en serois-jc plus gras? en aurois-je la jambe p!us droite? en donnirois-je plus que des deux yeux? en niangerois-je autrement que par la bouche ? Non, pargué ! C'est pourquoi, frère, je suis votre sarviteur , je ne boirai point.

LUC IN DE , à Perrette.

Je ne croyois pas que \ otre homme fût si avisé.

JOSSELIN

VoiiÎJ un rustre d assez bon sens.

ANSELME

C'est ce qui me semble, et je suis quasi fàcté de n'avoir pas été de son humeur.

M. TOBIE

Oh I pardi, mon fermier, vous avez plus d'esprit que votre maître; je vous le cède.

THIBAUT

Jarnigué I je ne sais pas si je fab bian ; mais je sais bian que je serois fâché de faire autrement. J'aime Parrette : aile est ma femme ; et quand aile seroit la femme d'un autre , aile ne me plairoit pas davantage. Je ne sais si je lui plais sincèrement : aile en fait le semblant , du tnoins : je ne rentre de fois chez moi, que je ne la retrouve tin telle que je l'ai laissée ; Q n'v a pas un iota à dire. Aile aime à batifoler; je suis d'humeur batifolante; je batifolons sans cesse ; et si je m'aUois mettre dans la çarvelle jous vos engeingreigniaux, adieu le batifolage. >'on; palsanguoi 1 je n'en ferai rian,

JOSSELI!».

■Voilà comme je veux être, si je me marie; mais je ne me marierai pas.

Madame , je suis si aise que je ne satm>is plus m'en tenir. 11 faut que j'aille embrasser notre homme. (Elle le retire de la fcDctre. )

Attends , Perrette : qne vas-tu faire ?

JOSSEIIS.

Voilà la perle des maris. . . . Ami , toucLe là ?

THIBAUT

Votre valet.

M. TOBIE

Voilà l'exemple des honnêtes ^;ens. . . . Embrasse-moi.

THIBAUT

Votre sarviteur.

Voilà le miroir de la vie paisible.

THIBAUT

Votre très-bumble.

PERHETTE, à son mari , en lui frappant sur l'épaale.

Voilà vm vrai homme à femme. Oh ! que je te bai«erai tantôt!

THIBAUT

Eh ! testigué ! c'est Parrette.

ANSELME, surpris;

Que vois-je ? des femmes !

THIBAUT

Je n'ai morgue pas voulu boire dans la coupe : elle eût peut-être dit queucjue chose qui m'auroit chagriné.

PERRETTE

Elle n'eût rien dit ; mais tu as bien fait : je t'en aime davantage.

M. TOBIE

Perrette , qu'as-tu fait de ma fille ?

LU cm DE.

La Toilà , mon père , c^ui se jette à vos genoux pour \-ous demander pardon.

M. TOBIE

Va , ma fille , je te pardonne.

ANSELME

Par quels moyens ces femmes sont-elles entrées chez fDoil

JOSSELIS.

Je ne sais. Ce sont peut-être elles qui ont fait naître à monsieur votre fils les idées. . . .

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