‹ ThéâtreChapitre 137 sur 220 · SCÈNE XVII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVII

ANSELME, JOSSELIN, sur le devant; M GRIF- FON, M. TOBIE, THIBAUT, d.-ns le fond ; LUCINDE, PERRETTE, à la fenêtre de la cahute.

PEnnETTE, à Luclnde.

Le petit homme n'y est pas , vous dis- je.

LUCINDE

Il n'importe. Voyons d ici ce qui se passe , puisque nous pouvons voir sans être vues.

M. GniFFOS , à M. Tublc.

Oui cadedisl je bous le dis, et je' Lous lé soutiens; bous êtes un von sot , veau-frère.

THIBAUT, à M. Cri (Ton.

Ah ! ah ! monsieur , au mari de madame voire sœur !

PEnnETTE, à Lucindc.

Madame, c'est Thibaut

THIBAUT, i M. Tob>.

Sot ! Eh ! qu'est-ce ? Queu terminaison est ça?

LUCIBDE, i Perrelte.

Mon père et mon oncle sont ici.

M TOiJIE , à M. GrifTjn.'

Nous sommes gens de bien de notre race , et je scrois

La l'ontainc ThéâUf.' ^3

rnarri qu'elle fût entichée des reproches qu'on li.it à la vôtre.

THIB ACT. à M. Tobie.

Eh ! eh ! monsieur, le frt're de madame votre fenupe! vous n'y songez pas.

M. cniFFON , à M. Tobie.

Tu fais vien dé m'apparte'nir.

M. TOB lE , à M. Griffon.

C'est le plus vilain endroit de ma vie.

THIBAUT, à .Anselme et à Josselin.

Messieurs , messieurs , venez m'aider, s'il vous plaît , à mettre le holà entre deux beaux- frères qui se vont couper la gorge.

ANSELME, à Griffon et à Tobie.

Qu'est-ce que c'est donc? Qu'avez- vous, messieurs, qui vous oblige à en venir aux invectives ?

M. G ni FF ON.

Ah ! messieurs , serbitur : je bous fais jnges dé ceci. Boici lé fait Je fais l'honnur à ce monsiur dé donner mon fils , qui est novle comme moi , mordi ! en mariage à sa fille , qui n'est qu'une simple roturière ; et , parce que la beille des noces la sotte s'éclipse dé la case paternelle, il a l'insolence dé dire que c'est ma fauté, et qu'elle a eu' pur d'entrer dans mon alliance, à causé que je suis sébère dans ma famille , et que je né bus pas souffrir qu'aucun godelureau approche mon domaine dé la vanlieue.

M. TOBIE

Qu'est-ce ? ]e donne ma fille qui aura dix mille livres de rente , au fils de ce monsieur qui est gueux comme uu rat; et parce qu'elle s'en est enfuie de chez moi pour éviter ce mariage, il me dira, en me traitant comme un je ne sais qui, que c'est parce que je suis trop bon dans mon

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domestique , à cause que ma femme est toujours autour de moi à m'étouffl-r de caresses , et que je souffre qu'elle m'appelle son petit papa , son petit fanfan , soa petit camuset ; ce qui fait que ma maison est ouverte à tous les Lounétes gens.

JObSELIS.

Voilà un différend qu'il est assez facile d'accommoder. Ces messieurs se disent les choses de si bonne foi, (juon ne peut s'empêcher de les croire : mais, pour savoir lequel des deux s'est le plus fait aimer de sa femme par ses manières, votre coupe enchantée sera d'un secours merveilleux, et je suis sûr qu'elle les mettra d'accord; je vais

vous l'apporter. ( U sort un instant, et revient. )

Allez ; monsieur Josselin ; cela finira la dispute.

M. GRIFFON

Cet homme nous a fait récit dé cette coupe, et je serai rabi dé connoître par elle , lequel est lé fat dé nous dux : je suis sûr que ce n'est pas moi.

Nous en allons voir ioul-à-1 heure un Lien pcnaut ! je sois bien qui ce ne sera pas.

A s s E L M £ , voyant revenir Josselin.

Voici la coupe. ( josselin verse du vin dans la coupe. )

M. TOBIE

Donnez, donnez. Je serois fâche de n'en pas faire essai le premier, pour vous montrer combien je suis sûr de

mon lait. ( Comme il approche la coupe de sa bouche , elle i.?liand , et le vin lui rejaillit au visage ; ce qui fait beaucoup tire M. Griffon. )

JOSSELIN

AL! ah :

M. TOBIE, fort surpris.

Que vois-je ? le vin est répandu, je pense?

Oli ! par ma foi I le petit papa, le petit fanfan, le petit çamuset en lient.

M. oniFFON".

Eh ! donc , qui de nous dux est le fat ? hein ! Cadëdis , mon veau-frère , bous mé ferez raison dé la conduite dé rua sur.

M. TOBIE

Yollà une méchante créature ! je ne l'aurois jamais cru.

JOSSELIS.

Quand elle viendra vous étouffer de caresses, je vou» conseille de l'étrangler par Lonne amitié.

M. TOBIE

C'est chez vous quelle a sucé ce mauvais lait-là.

M. GRIFFON

Cui . oui cadédis! l'absinthe n'est pas plus amère que

lé Lut que je lur fais sucer Bersez.. bersez, veau Gnny-

m'îde... Bous allez boir, vcau-trère. .. A la sauté de la

compagnie. ^ i; veut boire, et la coupe lui fait tauter le via aa ucz. )

JOSSELIS.

Haïe ! haïe ! haïe !

M. GRIFFON

Ouais ! C'est que je nq la tiens pas droite. ( il esjaie escarc , et elle rcpand. )

J0SSELI5.

Prenez donc garde.

Voyez , voyez. ( ru ut se répand. )

M. GRIFFON

La main me tremble.

JOSSELIN

Oh ! l'on approche voire domaine de plus près que de la banlieue.

M. TOBIE

Je savois que ce n e'toit pas ma faute. Je n'ai garde de donner ma fille à votre fils : il n'en ftroit qu'une vraie rien qui vaille.

PERRETTE

Madame , à quelque chose le malheur est bon.

M. GRIFFON

Ma foi ! je n'y comprends plus nen. Monsur est von ; l'on lé trahit. Je suis rigide; et l'on mé trompe. Sandis ! Gomment faut-il donc faire abeccesdiantresd'animaux-là?

THIBAUT

Morgue ! ça est emJiarrassant.

M. GRIFFON

Ou s'en mordra les doigts ; sans adiu. (il son. }

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