‹ ThéâtreChapitre 14 sur 220 · PAR M ES ON · texte numérisé non relu

PAR M ES ON

Qui?

CH ÉnÉE.

Certaine beauté' , qui , s'offiant à mes yeux , N'a rien fait que paroitre , et s est évauouie.

Vous en avez encor la vue tout éblouie.

C H ÉRÉE.

O dieux I INIais où chercher ? Que le maudit procès Puisse avoù' quelque jour un sinistre succès !

Comment ? quoi ? quoi procès ?

Ah ! si tu l'avois vue !

PARMENON.

Et qui?

C H ÉRÉE. ^

Cette beauté' de mille attraits pourvue.

lié bien ?

Tu l'aimerois , et cet objet charmant Ne peut souffrir qu'un cœur hji résiste un moment Ne me parle jamais de tes beautés communes ; Leurs caresses me sont à présent importunes ;

ACTEII,SCÈNEIV. 3-]

Rien que de celle-ci mon cœur ue s'entretient.

Vraiment ! c'est h ce coup que le bon homme en tient. L'un de ses fils aimoit ; l'autre , plein de fiuie , Passera les transports de son frère Phe'di'ie. De l'humeur dont je sais que le cadet est né , Ce ne sera que jeu, dans deux jours, de l'aîné.

CHÉnÉE.

Aussi ne sauroit-il avoir l'ame charme'e

Des traits d'une beauté' plus digne d'être aimée.

Peut-être.

CHÉnÉE.

En doutes-tu?

PAR iM E N o s.

C'est un trop long discours.

"Vous aimez ?

A tel point , que si d'un prompt secours. . . .

PARMESON.

Tout beau , demeurons li , ne marchons pas si vite : Où préteudez-vous donc ce soir aller au gîte ?

CHÉRÉE.

Ilélas I s'il se pouvoit , chez l'aimable beauté'.

Certes, pour un malade il n'est point dt'goûté.

Tu ris , et je me meurs.

PARM ES05.

Mais encor , quel remède Faudroit-il apporter au mal qui vous possède ?

La Fontaine, Théâtre. 4

CHÉRÉE.

De ce mot de remède en vain tu m'entretiens , Si par tes prompts efforts bientôt je ne l'obtiens. Tu ma dis tant de fois , Essayez mon adresse ; Votre âge le permet , aimez , faites maîtresse. J'aime , j'en ai fait une ; achève , et montre-moi Que mon cœur se pouvoit engager siu' ta foi.

P A RM E N O s.

Je l'ai dit en riant, et sans croire votre ame, Pour un discours en l'air , susceptible de flamme.

CHÉRÉE.

Qu'il ait été promis ou de bon , ou par jeu , Si tes soins , Parmenon , ne me livrent dans peu Cette même beauté qui captive mon ame , Je ne vois que la mort pour terminer ma flamme.

P A R M E N O St

Dépeignez-la moi donc ?

CHÉRÉE.

Elle est jeime , en bon point.

Celui qui la menoit ?

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