SCENE I
i ERFIDE que je suis , infortuné Sémire .'
Les bruits qu'en ces hameaux je réj)ands tous les jouri»
Soulageront-ils mon martyre ?
Que me sert de troubler d'innocentes amours? J'aime Astrée, et je tente un dessein téme'raire. Je détruis son amant ; mais que fais-je pour moi '' Ce qui le rend suspect de violer sa foi
Aie rend-il capable de plaire ?
Au sein d'Astrée eu vain j'ai verse' cent poisons. L'implacable dépit, les injustes soupçons,
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L'aveugle et la sourde colère, La jalousie au repos si contraire ,
Enfants de l'art dont je nie sers , M'ont en vain procuré le secours des enfers.
Quel finit aura ton crime, infortuné Semire? Les mensonges divers à quoi tu donnes cours
Soulageront-ils ton martyre ?
Que te sert de troubler d innocentes amours ?
Je me venge , il suffit ; je fais des misérables. K'est-ce pas un bien assez doux?
Achevons ; puis retirons-nous En des déserts inha'iiitables.
Amants , heureux amants , dont je détruis la foi , Puissiez-vous devenir plus malheureux cfue moi I
Je vois déjà cette bergère en larmes : Ce doit être l'effet des dernières alarmes Par qui mon impostiure a séduit sa raison. Laissons sur son esprit agir notre poison.