‹ ThéâtreChapitre 145 sur 220 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

i ERFIDE que je suis , infortuné Sémire .'

Les bruits qu'en ces hameaux je réj)ands tous les jouri»

Soulageront-ils mon martyre ?

Que me sert de troubler d'innocentes amours? J'aime Astrée, et je tente un dessein téme'raire. Je détruis son amant ; mais que fais-je pour moi '' Ce qui le rend suspect de violer sa foi

Aie rend-il capable de plaire ?

Au sein d'Astrée eu vain j'ai verse' cent poisons. L'implacable dépit, les injustes soupçons,

234 ASTPvËE.

L'aveugle et la sourde colère, La jalousie au repos si contraire ,

Enfants de l'art dont je nie sers , M'ont en vain procuré le secours des enfers.

Quel finit aura ton crime, infortuné Semire? Les mensonges divers à quoi tu donnes cours

Soulageront-ils ton martyre ?

Que te sert de troubler d innocentes amours ?

Je me venge , il suffit ; je fais des misérables. K'est-ce pas un bien assez doux?

Achevons ; puis retirons-nous En des déserts inha'iiitables.

Amants , heureux amants , dont je détruis la foi , Puissiez-vous devenir plus malheureux cfue moi I

Je vois déjà cette bergère en larmes : Ce doit être l'effet des dernières alarmes Par qui mon impostiure a séduit sa raison. Laissons sur son esprit agir notre poison.

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