‹ ThéâtreChapitre 146 sur 220 · ACTE 1, SCÈ^"E · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈ^"E

PH YLLIS.

JSe le soupçonnez pas , ma sœur.

ASTRÉE

Toici pourtant ses traits, peux-Ui les meconnoître ?

Je connois cucor mieux son cœur ;

Tout m'est suspect , tout vous doit lêtrc. Quelque ennemi secret vient d'imiter sa main.

A stuee.

Dédiras-tu nos yeux, qui l'ont vu ce matiu

Embrasser les genoux d'Amiute ?

PHTLIIS.

C'est un reste de feinte :

Vous-même avez pu voir avec quelle contrainte Il feignoit des tr.msports qu'il ne pouvoit sentir. Qu'un véritiJjle amant a de peine à mentir 1

ASTRÉE

E!i 1 qu'il ne mente plus.

PnTLLIS.

Sait-il votre pcnse'e?

Il voit, depuis quelques jours, Que sa flamme est traversée , Et qu'où trouble vos amours.

Il veut vous ménager, en exposant Amiote.

ASTRÉE

Que ne me l'a-t-il dit?

PH YLLIS.

Sans doute il ne l'a pu.

ASTRÉE

Mon cœur à Céladon n'étoit que trop connu ;

N'auroit-il pas prévu ma crainte, Si l'ingrat , d autres soius occupe , prévenu —

jî83 A S T R É E.

PH YLLIS.

Ma sœur, bannissez ces alarmes.

Quel objet vous peut-on pre'fe'rer sous les cieux ?

ASTRÉE

Aminte est engageante , et prévient par ses charmes. Ton amitié me rend trop parfaite à tes yeux. Hélas ! qui feint d'aimer est toujours téméraire : De la feinte h l'eiTet, on n'a qu'un pas à faire; C'est un écueil fatal pour la fidélité : Une première ardeur n'est bientôt plus qu'un songe ; La vérité devient mensonge, Et le mensonge , vérité.

Les coquettes les plus belles Ke tûuclieut que foiblement.

On peut, par amusement.

Feindre de brûler pour elles ; Et le plus crédule amant Les regarde seulement Comme on jait les lleurs nouvelles, Avec quelque plaisir, mais sans attachement.

asthée.

Quand il plaît h l'Amour, tout objet est à crai:;drc. Ce dieu met bien souvent sa gloire à nous atteiudie Du trait le pluj coinnma et le moins redouté : Une première ardeur n'est bientôt plus qu'un songe : La vérité' devient mensonge, Et le mensonge, vérité.

Il le prévoyoit bien, le traître, l'infidèle. J'eus peiue à l'obliger à femdre ces amours : Il résista long-temps, je persistai toujours. Trouvoit-il Aminte si belle ?

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