SCÈNE y
ASTRÉE, seule.
Seroit-il innocent? me scrols-je trompe'e?
Soupçons dant j'ai l'ame occupée , Dois-je donc vous bannir? L'ai-je à tort condamné? En quel U'oublc me met cette fuite soudaine !
Qu'as-tu fait , bergère inhumaine ?
Où s'en va cet infortiuié ?
Ne le pas écouter ! se rendre inexorable ! Ses pas précipités, ses regards pleins d'effroi, Me font craindre pour lui ; que ne dis-tu pour toi ,
Bergère misérable ?
Tu ne l'as pu haïr, quand tu l'as cru coupable ; Que sera-ce , s il meurt en te prouvant sa foi ?
Cours , malheiu-euse , cours , va retarder sa fuite. Céladon ? Céladon ? . . . Hélas ! il précipite
Ses pas et son cruel dessein :
Il est sourd à mes cris, et je l'appelle en vain ; Je n'en puis plus ; la force et la voix tout me quitte.