ACTE I, SCÈNE III. aSg
astriIe et PHYLLi;.
"N'oyons comment le traître , ILnCdèle Soutiendra son manque de fui.
PHYLLI s.
Adieu ; vous pourrez mieux vous éclairclr sans moi.
scÈ>E ly.
CÉLADON, ASTR£E.
HÉ quoi ! seule en ces lieux , sans songer à la fête
Dont vous serez tout l'ornement I
C'est un triomphe qui s'apprête Poiu les dieux et pour vous , aux yeux de vôtre amant.
On n'entend en tous lieux que des chants d'allégresse.
Bergères , bergers , tout s'empresse
De célébrer ce jour charmant.
Cependant vous rêvez : doù vient cette tristesse?
Berger, vous paroissez aujourd'hui bien paré; De cet ajustement quels yeux vous saïuont gré?
CÉlADOS.
Les vôtres , ma déesse.
U n'est rien en ces lieux
Qui ne s'effrce de vous plaire; Et c'est poiu attirer vos regards précieux, Que ces prés, que ces bois, et cette onde si claij-e, Étalent ce qu'ils ont de plus délicieux :
L'astre même qui nous éclaire »
Ne se montre si beau que pour plaire à vos yeuî.
La Fontaine. Théàlre. 3)
ASTUÉE.
Céladon , bannissez ces discours d'entre nous ; Je sais qu'en votre cœur une autre est préférée , Et vos vœux ne sont pas pour l'innocente Astrt'e. c É L A D o ir.
Ciel 1 mes vœux ne sont pas pour vous !
Dieux puissants qu'ici Ion révère , Dieux vengeurs des forfaits , je vous atteste tous ; Si quelqu'autre qu'Astrée h mes désirs est chère , Faites tomber sur moi vos plus terribles coups.
ASTUÉE.
Sois traître seulement , et ne sois pas impie.
CÉLADON
Juste ciel ! vous doutez encore de ma foi ! Mais quel est cet objet dont mon ame est ravie ?
ASTRÉE
Va , perfide , va , garde-toi D'oser jamais paroître devant moi.
CÉLADON
Ah 1 du moins. . . .
ASTRÉE
Non.
CÉLADON
Quoi , sans l'entendie Condamner un amant si Gdèle et si tendre ! A s T n É E.
Non ; perfide , non , garde-toi D'oser jamais paroître devant moi.
CÉLADON
Mon sort est dans vos mains , il faut vous satifaire ; Et puisque votre aiiét me livre au désespoir, J'y cours -, et respectant votre injuste colirc .