‹ ThéâtreChapitre 18 sur 220 · ACTE III, se È>' E II · texte numérisé non relu

ACTE III, se È>' E II

THRASON

Cela même. Aussitôt il m'enroyoit quérir : Seuls ainsi nous passions les jours à discourir De cent contes plaisants que je lui savois faire; Et s'il se présentoit quelque importante affaire. Après avoir le tout entre nous disposé, Son conseil n'en avoit qu'un reste déguisé; Et souvent , malgré tous , ma voix étoit suivie.

Lors chacim d'enrager, mourir, crever d'envie?

Et Thrason de s'en rire.

A l'joreille du roi ?

THRASOS.

Qui peut te lavoir dit ?

GNATON.

C'est qii'ainsi je le croi.

THRASON

Sur ce propos , un jour qu'il remarquoit leur peine , Le chef des éléphants , appelé Métasthène , Des plus considérés près du prince à présent , Ne se put revancher d'un trait assez plaisant. Il mâchoit de dépit quelque mot dans sa bouche , Et me tournant les yeux. Qui vous rend si farouche ? Sont-ce les bêles , dis-je , à qui vous commandez ?

El le roi , qu'en dit-il ?

THRASON

Nous étant regardés.

Il ne put à la fin s'empêcher de souiire. Je dis, sans vanité, peu de mots qu'il n'admire.

f^8 LEUNUQUE.

GNATON.

Comme vous en parlez , c'est un prince polL

Peu d hommes ont , de vrai , l'esprit aussi joli : Sur-tout il s'entend bien à placer son estime.

Celle qu'il fait de vous me semble légitime.

T'ai-je dit un bon mot , qu'en un bal invite'. . . .

GN ATON

Non. (Bas.)

Plus de mille fois il me l'a raconte".

Hous étions régalés du satrape Orosmède ; Chacun avoit sa nymphe : alors un GauymèJe Approchant de la mieime , aussitôt je lui dis Que les restes de Mars seroient pour Adonis.

Le jeime homme rougit ?

Belle demande à faire !

Jl rougît, et d'abord fut contraint de se taire : Depuis chacun m'a craint .

Avec juste raison, îi'ont-ils point un recueil des bons mots de ïhrasou i

THRASON

Je t'en conlerois cent ; mais changeons de matière. Thaïs, comme tu sais, est femme assez altière, Jalouse, et d'un esprit à tout craindre de moi: Dois-je, en quittant sa sœur, lui conllrmer ma foi?

Page 1