SCÈNE XI
JULIE, MONTREUIL; SAINT-AMANT, D O R A M E , à la fenêtre.
JULIE
Vous ne la suivez pas, Montreuil?
MOSTUEUIL.
Qui ! moi , madame ?
JULIE
Il faut, à votre tour, rao di'convrir votre ame. Je m'en vais exposer une fable à vos yeux : Si vous n'en devinez le sens mystérieux, A ous me ferez, IMoutrcuil , une sensible offense : Si vous le conce\ ez , redoutez ma vengeance, Pour peu que vuus soyez rebelle à ses clartés.
MONTIIECII,,
Il faut savoir.
JULIE
Je vais vous la dire , écoutez :
Une aimable tourterelle Fut le partage «i'un liibou ; Jamais paix , toujours querelle. :
Il u'est pas malaisé de deviner par où.
lliiiou mourut ; la veuve , en ces alarmes , K'e'tala point des clameurs et des larmes Le fastueux charivari.
Larme enlaidit , douleur est folle ; Et puis , grâces airx mœurs du siècle, on se console D'un amant tendrement clie'ri :
Que ne fait-on point d'un mai'i?
Tourterelle à l'amour rarement est rebelle. Sa tendresse envisage un moineau digne d'elle. Pour s'expliquer, regards, discours mystérieux,
Sont par eile mis en usage :
Elle craint, elle n'ose en dire davantage. C'est au moineau, s'il a des yeux, A de^ incr ce langage.
Vous entendez, Montreuil ; le comprenez-vous bien? Pa'-lcz sincèrement.
A ne déguiser rien, Si certain liomme étolt dans la nuit éternelle, Je croirois deviner quelle est la tourterelle ; Son joug a f<iit gémir mon cœiu plus d'une fois. Quant àriicureux moineau, seul digne de son choix.
Son Louheur me fait peine à le pouvoir connoître ; Maij ce que je sais bien , c'est que je voudrois l'être.
JULIE
Soyez-le , on y consent : le champ vous est ouvert ; Croyez tout, espérez , et —
SAIN T-A M A s T , descendu de la fenêtre.
Je VOUS prends sans Verr.
M O s T R E Tj" I L , s'enfujan'..
Mori oncle !
JULIE
Mon e'poux!